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#Formation

(Interview) « Bac Pro Systèmes Numériques : nous recevons 180 candidatures pour 60 places par an »

(21/05/18)

Les formations technologiques en informatique sont aujourd’hui autant de tremplins pour aider les jeunes à construire leur carrière professionnelle, dès la 3ème jusqu’après le bac.
Pour répondre à une pénurie de profils numériques toujours plus importante, de nombreuses filières niveau BEP, BAC Pro, voire BTS, proposent des cursus adaptés.
Loin des à priori selon lesquels les métiers du numérique ne sont accessibles qu’aux détenteurs d’un Bac +5, l’ORCN est parti à la rencontre de Magalie Bouron, Professeure Bac Pro Systèmes Numériques et Benoît Gentreau, Directeur délégué aux formations au Lycée Professionnel Saint Félix-La Salle, à Nantes.

Quelles sont les formations que vous proposez au sein de votre établissement et qu’est-ce qui pousse les élèves à s’y engager ?

Benoit Gentreau : Au sein de notre établissement, nous proposons un Bac pro SN (Systèmes Numériques) sur 5 ans. Les élèves qui postulent ici le font parfois parce qu’ils pensent (à tort) se rapprocher des métiers du « gaming ». D’autres sont déçus par l’approche classique et théorique de la filière générale, ils ont davantage besoin d’une approche kinesthésique, car ils apprennent mieux lorsqu’ils peuvent participer, toucher, agir, imiter, donc être physiquement actifs pour mémoriser et apprendre. Penser que ces élèves sont en échec scolaire est un tort. Et enfin, d’autres sont tous simplement mordus par l’informatique et ne se voient pas faire autre chose.

A quels métiers ce cursus prépare – t-il ? Et en quoi la filière est-elle attractive pour ces jeunes ?

Magalie Bouron : Les métiers que nous préparons sont ceux d’administrateur réseau, développeur, programmeur, câbleur fiche, technicien de maintenance. Certains très bons élèves finalisent leur formation en IUT ou DUT en alternance, d’autres se spécialisent via les licences professionnelles après avoir suivi le BTS Systèmes Numériques.

Benoit Gentreau : Le nombre de postes offerts par les entreprises de la région est aussi un atout puisqu’on compte pas moins de 1 650 postes proposés en Pays de la Loire en 2017. Ils sont certains de trouver du travail dans la région.

Comment se déroule le processus de recrutement ? Les places sont-elles chères ?

Benoit Gentreau : la filière SN a été réformée, faisant apparaître trois options qui permettent de se spécialiser, dont l’option R.I.S.C (télécommunications et réseaux et électronique industrielle embarquée) : c’est l’option la plus recherchée mais aussi la plus complexe, ce qui ne facilite pas toujours le recrutement, d’autant que le nombre de places est limité.

Magalie Bouron : Contrairement aux idées reçues, nos élèves ne sont pas en échec scolaire. De bonnes dispositions sont nécessaires pour intégrer une filière pour laquelle nous recevons 180 candidatures pour 60 places par an. L’option RISK, quant à elle, est à dominante scientifique. La logique, la curiosité, l’organisation et la rigueur sont des qualités que nous recherchons. Pour s’assurer de la volonté des postulants à s’engager dans un cursus de 5 ans, nous leur faisons passer des entretiens individuels poussés.

Lycée Pro Saint Felix La Salle à Nantes

La formation, au-delà de sa partie théorique, propose des stages en immersion en entreprise. C’est aussi ce qui fait la richesse de cette formation. Pouvez-vous nous en parler ?

Benoit Gentreau : En effet, dans le cadre de la formation Bac Pro SN, il y a 22 semaines d’immersion en entreprise. Les stages classiques ne sont pas obligatoires alors que cette immersion l’est. Il y a également une partie de la formation qui se passe en alternance.

Magalie Bouron : En effet, depuis trois ans, nous avons ouvert une partie de la formation à l’apprentissage. Nous disposons de 15 places pour 28 demandes. La seconde année est commune, les élèvent choisissent ensuite.

Benoit Gentreau : Dans la continuité du Bac Pro SN, à la rentrée 2018 nous allons créer un BTS SN en alternance. C’est une grande force pour notre établissement. Beaucoup de nos élèves veulent apprendre sur le terrain et commencer à gagner leur vie, aussi.

Comment se déroule le recrutement par les entreprises, notamment à l’issue de l’alternance ?

Magalie Bouron : nous n’avons pas forcément beaucoup de recul à l’issue de l’alternance. Certains élèves sont recrutés dès leur phase d’immersion, comme chez Orange, mais c’est plutôt rare. D’une manière générale, les entreprises aiment prendre le temps de bien former leurs alternants et renouvèlent leur contrat d’alternance lorsqu’ils arrivent au niveau BTS. Même s’ils peuvent recevoir des propositions d’embauche, les élèves profitent de la formation pour continuer leurs études et mettre plus de chances de leur côté.